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Département de l’emploi, des affaires sociales et de la santé, Commission cantonale de la famille

Les élèves racontent


Lettre du jeudi 7 décembre 2017 - Source: Educateur



Comment vivent-ils leurs récréations ? Des élèves de 12 à 13 ans d’un collège secondaire vaudois et quelques enfants de 7 à 8 ans d’une classe genevoise répondent aux questions. Les élèves interrogés sont quelque peu sur la réserve; la cour est leur espace de quasi liberté. Ce qui s’y passe est avant tout leur affaire même si, parfois, les tensions et les affrontements sont vifs et violents, La cour est un lieu d’apprentissage de vie, le règne du «t’es ma meilleure copine» ou «t’es plus ma copine». Ce monde a ses rites, ses jeux, ses modes soudaines et fugaces. Aujourd’hui les téléphones mobiles, s’ils sont autorisés, créent d’autres liens entre les élèves, d’autres atmosphères dans les cours des collèges. Une enseignante du collège vaudois: «De nombreux élèves pianotent sur leur portable durant les récréations ou sont coupés des autres car ils ont des écouteurs sur les oreilles. Le niveau sonore des récréations a donc considérablement baissé depuis quelques années.»

Aimez-vous la récréation?
La plupart des élèves de 12 à 13 ans disent aimer la récréation parce qu’ils peuvent se détendre. «C’est un moment de plaisir; dommage qu’elle soit si courte.» Certains déclarent «l’attendre avec impatience surtout lorsque les cours sont ennuyeux et n’en finissent pas». Et une fille d’ajouter: «C’est toujours un plaisir d’avoir une pause pour discuter avec nos copines.» Un garçon remarque: «La récréation pour moi n’a pas de but. Je ne l’aime pas.» Une fillette de la classe genevoise ne prise pas non plus la récréation: «Je suis souvent toute seule dans mon coin. Les autres filles ne veulent pas jouer avec moi. Elles disent que je ne suis pas leur copine. Alors je fais semblant de m’amuser sur la balançoire ou bien sur le tourniquet.»

Que faites-vous durant cette pause?
Les élèves de 12 à 13 ans ne jouent plus guère: «Courir comme à l’école primaire, ça fait gamin.» Ils passent souvent leurs récréations sur leur téléphone. «On regarde les jeux vidéos sur internet. Parfois aussi, on parle des livres que l’on a bien aimés ou des actualités, du foot surtout.» «On aime se montrer des vidéos sur You – Tube, celles qui font rigoler.» «Moi, ajoute un garçon, j’aime raconter des blagues. J’adore aussi expliquer des fonctions sur mon téléphone à des copains qui ne les connaissent pas.» Et une fille d’ajouter: «On se raconte plein de choses, les tests, les notes, ce qu’on a fait durant le week-end. On parle de tout et de rien!» La vie scolaire est un sujet de prédilection: «À la récréation, on parle beaucoup des travaux écrits et aussi des profs.» Un garçon déclare: «Il arrive qu’on révise le vocabulaire allemand. C’est le dernier moment avant une interrogation.»

Les élèves évoquent aussi des histoires plus intimes. «On se parle de plein de choses, de nos sorties, de ce qui se passe dans nos vies et dans nos familles. On parle de ce que nous voulons faire plus tard et, avec des anciennes copines de l’école primaire, on se raconte des souvenirs d’enfance.» «Oui, renchérit une fille, c’est vrai et on parle aussi beaucoup des garçons.» Une fillette de l’école primaire genevoise: «Garance, une fille de ma classe, invente des histoires de princesses, de châteaux, de dragons et de trésor caché. Il y a plein d’aventures et de dangers. On joue des rôles; c’est Garance qui décide lesquels. J’adore ce jeu. C’est drôlement bien mais des fois, je ne peux pas jouer parce que Garance dit que je suis bête.» Un garçon: «Nous on joue au foot sur la pelouse. Avec les filles, on joue aussi à Passez Pompons les carillons. On s’amuse bien surtout quand on ferme le pont et qu’on chante les portes sont fermées À CLÉ. Quand le jeu est fini, on va sur le tourniquet.»

Quelle cour souhaitez-vous?
Les élèves des classes secondaires sont nombreux à souhaiter des bancs «pour discuter et pour consulter nos téléphones à notre aise». Quelques garçons plus sportifs désirent des ballons, un terrain de foot et des paniers de basket. «Ce serait bien s’il y avait un parcours pour courir avec des obstacles et un espace gazonné pour jouer avec des ballons.» Un autre élève déclare: «Cette question ne m’intéresse pas; il n’est pas nécessaire d’avoir du matériel pour se distraire.» Et une fille de renchérir: «Une cour doit rester une cour; si on y ajoute du matériel, il n’y aura plus de place pour bouger.» Une autre fille n’est pas de cet avis: «Il faudrait une pelouse et un filet pour jouer au volley.» Souvent les élèves désirent plus d’espaces verts et des arbres avec des bancs autour du tronc. Un garçon fait une proposition surprenante: il souhaite une grande horloge dans la cour. Les enfants genevois sont aussi d’avis qu’il faut plus d’espaces verts, «de l’herbe partout parce qu’on ne se ferait pas mal quand on tombe. Et puis il faudrait plus d’arbres avec des échelles et des cordes pour grimper, des coins secrets pour jouer à cache-cache». Et un garçon d’ajouter: «Oui et un petit ruisseau avec des écluses comme sur la place de jeux de mon quartier.»

Faites-vous usage de vos téléphones portables?
Quelques élèves du collège vaudois n’ont pas de téléphone; d’autres ne l’emportent pas à l’école. «Je n’ai pas de portable; j’aime mieux parler avec mes amis.» «Ceux qui, comme moi, n’ont pas de téléphone, regardent ce que font ceux qui en ont un.» La plupart disent faire un usage modéré de leur téléphone durant la récréation: «Un quart du temps pas plus. Juste pour échanger des sites avec mes copines»; «Je m’en sers peu. J’écoute de la musique, je montre des photos et des petites vidéos à mes amis». Une fille ajoute: «Je n’utilise jamais mon portable dans la cour; je trouve que les téléphones gâchent la récréation.» Un garçon prend ses distances: «Téléphone ou pas téléphone; la récréation se passe toujours dans des groupes et on discute.» «Quand on est sur son téléphone, ajoute une fille, on parle moins avec les autres.» Finalement, un garçon remarque: «Les téléphones sont très utilisés dans la cour presque tout le monde en a un. Moi, je ne le quitte pas.»

Y-a-il des bagarres dans la cour?
Les élèves de 12 a 13 ans s’accordent à dire que les disputes qui tournent mal sont plutôt rares «Cette année, il y en a eu trois, toujours pour des histoires de petites copines.» «C’est toujours la même chose: on se bat pour devenir populaire. Quand un garçon gagne une bagarre alors il est respecté.» «Je n’y étais pas mêlée mais je sais qu’une bagarre a éclaté parce qu’une fille avait dit a une autre fille qu’elle se maquillait trop.» «Je pense qu’il y a eu au moins huit ou neuf bagarres cette année mais les profs sont vite intervenus. Il s’agissait d’affaires de couples.» Et une fille de conclure: «Je reste toujours à distance; je déteste la violence.» Du côté des élèves genevois: «Ce sont surtout les grands qui se bagarrent dans la cour. Alors les autres font un cercle autour de ceux qui se battent et ils crient le nom de celui qu’ils soutiennent.» «Une fois, deux filles se sont battues, elles se donnaient des coups de pied. Le maître est venu tout de suite. Sa chouchou, Garance, lui a raconté des mensonges. Elle a dit que c’était Océane qui avait commencé et c’est Océane qui a été punie. Le maître n’a pas voulu écouter ce qu’on voulait lui dire. Il a dit qu’on embrouillait tout. C’était pas juste.» La récréation, c’est aussi parfois des histoires d’injustice…

Simone Forster

 


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