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Département de l’emploi, des affaires sociales et de la santé, Commission cantonale de la famille

Devenir parents

Grossesses à risques

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Lettre du mercredi 15 octobre 2014 - Source: Extrait de Babybook



Une grossesse à risque englobe plusieurs facteurs ne se résumant pas uniquement à des pathologies materno-foetales. Il serait hasardeux d’établir une statistique car elles dépendent des situations propres à chaque couple. On présuppose à tort que les risques encourus lors d’une grossesse relèvent de maladies graves à l’issue dramatique. Ce dossier permet de découvrir les aspects plus subtils et les moins souvent abordés des grossesses dites “à risque”, qui relèvent aussi de la psychologie, parfois de l’inconscient. Les écographies sont la principale source de surveillance du déroulement de la gestation, pour le bien de la maman et le développement du foetus.

Lorsque l’on parle de risques médicaux, il faut distinguer deux grandes classes de pathologies: les maternelles, associées à la grossesse en cours, et qui sont liées à la grossesse comme un dysfonctionnement de la thyroïde et les foetales, qui surviennent chez le bébé en devenir comme une malformation ou une déficience organique. En fonction du diagnostic, des rendez-vous croisés entre l’obstétricien et le spécialiste concerné sont organisés à intervalles réguliers jusqu’au terme. Le suivi dépend des répercussions de la maladie et, même sans symptômes, il faut être particulièrement attentif s’il existe des antécédents comme une pré-éclampsie ou qu’un diabète gestationnel est découvert lors des tests du 6e mois. Toutefois, ces situations sont rares et généralement connues avant le début de la grossesse.

Si bébé n’est pas “normal”

Lorsque la mère ne souffre d’aucune pathologie mais que le foetus présente des difficultés, la répercussion est directe sur la vision de la grossesse par le couple. Lors des consultations spécialisées, le couple est adressé au médecin gynécologue pour établir le cadre et les conséquences de la maladie. En termes de chiffres, c’est environ dans 3% des cas que se présentent des affections telles des anomalies chromosomiques ou une malformation (fentes, trisomie 21). Pourtant, des facteurs moins évidents que des maladies peuvent également contribuer à mettre une grossesse en “danger”. Les diverses étapes ponctuant les 9 mois de grossesse sont si particulières qu’elles sont susceptibles de provoquer une angoisse exponentielle chez la femme ainsi qu’au sein du couple; si quelque chose ne va pas, c’est donc tout un idéal qui s’effondre.

Si l’issue d’une grossesse se veut dramatique, la décision à prendre est propre à l’identité de chaque couple. Les médecins accompagnent les parents dans l’acceptation que leur enfant ne sera pas “comme prévu”. Les cas présentant le plus de difficultés lors d’une interruption médicale de grossesse (IMG) sont le plus souvent relatifs à des problématiques touchant les organes symboliquement importants comme le cerveau ou le coeur. Le phénomène de Spina Bifida, une malformation sévère de la colonne vertébrale, entraîne une crise profonde chez les parents, sachant que dans les cas les moins sévères, elle rend incontinent. Si les parents ne trouvent pas un accord quant à la suite à donner à la grossesse, il leur est proposé de rencontrer un pédopsychiatre afin de leur offrir un espace de parole où cette question pourra être abordée afin que le couple puisse prendre la meilleure décision possible pour eux-mêmes. La découverte d’une pathologie foetale a non seulement des répercussions sur le couple mais également sur toute la famille, raison pour laquelle la prise en compte de la fratrie est également primordiale.

Gestion de la situation

Il n’y a pas de catégorisation possible. Même pour des malformations létales, comme l’anencéphalie ou les trisomies 18 et 13, les parents ont le choix d’accompagner leurs enfants jusqu’au décès. On parle alors de deuil périnatal. Souvent, lors du suivi de la grossesse, l’enfant n’existe plus, il devient la malformation et les consultations peuvent aider à redonner une identité au foetus. Parallèlement à ces pathologies, il est important de mettre l’accent sur les difficultés d’ordre psychologique qui peuvent survenir lors de la grossesse comme la fragilité émotionnelle, les angoisses et la peur qui constituent une part importante du suivi des femmes enceintes par les pédopsychiatres.

La grossesse est une période psychique riche mais aussi instable pour le couple, faite de perte de repères, suffisants pour fragiliser la future mère et son entourage, le plus souvent inconsciemment. C’est par la remise en question que les parents seront capables de ne pas succomber aux pressions ou de reproduire des schémas familiaux. La maternité est donc un lieu de tragédie et de joie mélangés, touchant les gens au plus profond d’eux-mêmes et dans une grande souffrance parfois. La grossesse est cependant une période de la vie excessivement propice à l’introspection personnelle. Tel que le théorise Monique Bydlowski qui a décrit ce phénomène chez la femme enceinte, c’est un temps de transparence psychique durant lequel le seuil de l’inconscient est abaissé, offrant un terrain émotionnel propice au changement et à l’intervention psychothérapeutique.



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