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Département de l’emploi, des affaires sociales et de la santé, Commission cantonale de la famille

Laissez-les s’ennuyer !


Lettre du jeudi 7 février 2019 - Source:



Cette semaine sur notre site,  petite réflexion autour de l’ennui. Un article mais aussi une vidéo de la Maison des maternelles et une proposition d’un livre de Tomi Ungerer à lire tranquillement avec vos enfants, sur des questions philosophiques posées par des enfants.

Entre les écrans et les activités extrascolaires, les enfants n’ont plus une minute pour rêver et s’ennuyer. Laissons les faire une pause et prendre conscience de leurs besoins.

Le rythme de la vie moderne est si effréné qu’il faut une journée internationale de la lenteur, le 21 juin, pour nous inciter à lever le pied. Les nouvelles technologies, toujours plus rapides, ont donné un véritable coup d’accélérateur à nos existences. Nous vivons dans l’urgence et l’immédiateté, entraînant avec nous les enfants dans cette course folle.
«Dépêche-toi!» est sans doute l’expression qu’ils entendent le plus souvent au cours d’une journée. Une injonction qui commence le matin au déjeuner et se répète jusqu’au coucher. Il faut faire vite, tout le temps, à un âge où certains ne savent même pas lire l’heure. A un âge, surtout, où ils ont besoin de temps vides pour jouer, rêver. Et même s’ennuyer.
«Le temps libre et l’ennui sont indispensables pour accéder à nos pensées longues, à notre imaginaire, et c’est ce voyage intérieur qui aide un enfant à devenir plus autonome», explique Stéphane Szerman, psychothérapeute et philosophe, auteur de L’art de la lenteur (Dunod) et de Slow attitude (Armand Colin). Les parents sont souvent persuadés qu’il faut les occuper, leur proposer des tas d’activités pour les aider à grandir, mais c’est au contraire de calme et de temps morts dont ils ont besoin pour s’épanouir.»

Combler l’angoisse du vide
Marcher en forêt, regarder des gouttes d’eau sur la fenêtre, rêver dans son lit… Autant de situations qui donnent libre cours à nos pensées et nous embarquent dans des histoires qui résonnent en nous. Mais qui en a encore le temps aujourd’hui? Les petits suivent le rythme des grands et se retrouvent, eux aussi, avec un agenda surchargé.
Et lorsqu’ils ne courent pas d’une activité à une autre, les bambins finissent souvent le nez collé à un écran, pris dans un flux d’imagés qui ne leur laisse aucun répit. Grisés par le potentiel des nouvelles technologies, nous remplissons nos vies pour «combler une angoisse du vide et nous sentir plus vivants», analyse le psychothérapeute. Et c’est cet exemple que nous donnons à nos enfants. «Les parents doivent apprendre à décélérer et notamment à couper leur smartphone pour être avec leurs enfants, jouer avec eux, mais aussi leur apprendre à s’amuser seuls, conseille-t-il. Il faut expliquer aux petits la valeur du temps, eux qui sont naturellement dans ‘le tout de suite’, et leur dire que l’ennui est une chance parce qu’il leur ouvre la porte de leur monde secret.» Revendiquer la lenteur ne va pourtant pas de soi dans une société de l’efficacité et de la performance. Même si le concept fait son chemin depuis quelques années, avec un mouvement slow dans plusieurs domaines (nourriture, slow food, villes cittaslow, entreprises, slow management), il faut de la volonté et de la persévérance pour ralentir le rythme et transmettre aux enfants cette notion de lenteur indispensable à leur développement.

Photo by Annie Spratt on Unsplash

 

Mais aussi, dans le même ordre idée, pourquoi ne pas découvrir ce qu’est le slow parenting.

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