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Département de l’emploi, des affaires sociales et de la santé, Commission cantonale de la famille

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Quand le sommeil ne vient pas…


Lettre du mercredi 17 juin 2015 - Source: Messages aux Parents



«Papa, je veux finir ma tour de plots… Maman, il faut coucher ma poupée… Je veux encore un verre d’eau… Je dois vous dire quelque chose… Encore un bisou…» Un petit enfant qui n’a pas très envie d’aller au lit est passé maître dans l’art de retarder ce moment. C’est qu’il faut toujours aller se coucher quand on joue le mieux! Alors il essaie par tous les moyens de gagner encore quelques minutes à passer auprès de vous. Il y a, dans la vie de chaque enfant, des phases durant lesquelles il éprouve des difficultés à s’endormir. Les causes peuvent en être très variées. Peut-être les idées qui suivent vous aideront-elles à savoir ce qui se passe chez votre bout de chou, et à trouver ensemble une solution pour l’aider à mieux franchir ce cap.

·  Votre enfant a quelque chose à «digérer»: il se peut qu’il soit perturbé par quelque incident qui s’est produit dans son environnement et qu’il ne peut oublier. Essayez de comprendre ce qui lui arrive afin de l’aider à retrouver son équilibre. Ne lui racontez pas d’histoire effrayante et évitez de brancher la radio et la télévision, et d’en augmenter le son. Un rituel du soir peut lui permettre de mieux effectuer la transition entre le jour et la nuit.

·  Votre enfant est très actif: il n’aime guère renoncer à toutes les choses excitantes et passionnantes qui continuent sans lui une fois qu’il est endormi. Dans ce cas, mieux vaut opter pour des activités plus paisibles le soir. Si votre enfant est très agité avant de dormir, un bain chaud peut contribuer à l’apaiser.

·  Votre enfant est «du soir»: il n’a pas un grand besoin de sommeil; il aime se coucher tard, dormir un peu le matin et fait peut-être encore une sieste en cours de journée. Beaucoup d’enfants ont en fait besoin de moins de sommeil que ne le pensent les parents. Par ailleurs, on tend à oublier que les heures de sieste sont à cumuler avec les heures de sommeil. En tenant un agenda durant une ou deux semaines, vous en saurez plus sur le besoin de sommeil réel de votre enfant. Pour plus d’informations à ce sujet, adressez-vous à l’infirmière puéricultrice ou à votre médecin.

·  Votre enfant a peur de rester seul: entre 2 et 5 ans, il vit une certaine ambivalence: d’une part, il aspire à de plus en plus d’indépendance et, durant la journée, il entreprend de nombreuses activités par lui-même; d’autre part, il devient toujours plus conscient de son attachement à vous. de sorte qu’il peut avoir peur de vous perdre. Il cherche donc votre présence, en particulier le soir, et souhaite que vous restiez avec lui jusqu’à ce qu’il s’endorme. Consacrez-lui beaucoup de temps le soir, mais encouragez-le à s’endormir seul. Laissez la lumière allumée dans le couloir s’il le désire et rassurez-le sur le fait que vous n’êtes pas loin. Si votre enfant vous entend tous les soirs vaquer aux mêmes occupations lorsque vous le quittez, ces bruits familiers l’aideront à s’endormir plus facilement.

·  Votre enfant a peur du noir: de quoi peut-il bien avoir peur? Il est dans sa chambre, entouré d’objets familiers, vous êtes tout proches et il peut entendre vos voix… C’est que, dans l’obscurité, les ombres et les bruits peuvent prendre une dimension inquiétante, stimuler l’imaginaire du petit enfant et l’effrayer. Là aussi, vous pouvez laisser la porte entrouverte avec de la lumière dans le corridor ou installer une veilleuse.

·  Votre enfant – et vous-mêmes – avez passé une journée difficile: il y a des jours où tout va de travers, où tout le monde est de mauvaise humeur et se cherche querelle. Le soir venu, les parents ont envie que leur bambin s’endorme rapidement; mais celui-ci pense peut-être que ses parents sont fâchés contre lui et n’en a que plus de peine à s’endormir. Après une telle journée, réconciliez-vous avec votre enfant afin qu’il puisse s’endormir rassuré. Peut-être serait-il heureux de garder dans ses bras un foulard ou un T-shirt que vous avez porté?

·  Les parents sont impatients (par exemple parce qu’ils sont fatigués): il peut arriver que vous n’ayez pas la patience de prolonger le rituel du soir, car vous êtes très fatigués et n’avez qu’une envie: celle d’aller vous reposer. Cependant, trop d’impatience peut produire l’effet contraire, car votre enfant, frustré de son rituel, tentera alors de vous retenir. Plutôt que de lui ordonner de se dépêcher, mieux vaut donc prendre le temps, peut-être en vous relayant, pour l’aider à se brosser les dents, à se changer et à rassembler les affaires dont il a besoin pour la nuit.

·  Votre enfant va au lit trop tard ou à des heures irrégulières: il se peut alors qu’il ait plus de peine ou ne parvienne pas à se détendre et à «lâcher prise». C’est pourquoi il est recommandé de mettre l’enfant au lit à des heures régulières et de n’y faire exception qu’à des occasions particulières.

·  Repas difficiles à digérer/trop lourds: parfois, les difficultés d’endormissement peuvent aussi être dues au repas. L’enfant dormira mieux s’il a absorbé le soir des aliments faciles à digérer. Mieux vaut donc une tartine ou des pommes de terre en robe des champs avec du fromage frais qu’une croûte au fromage ou un plat à base de lentilles. D’une manière générale, on peut dire que les hydrates de carbone sous forme de pain, de pommes de terre, de riz ou de pâtes aident à se sentir calme et détendu après un repas et facilitent l’endormissement. Les crudités et une trop grande quantité de protéines telles qu’elles sont contenues dans le fromage, la viande, le poisson ou les œufs peuvent avoir un effet stimulant et excitant. Ce type de produits est mieux adapté au repas de midi et ne devrait pas former la partie essentielle du repas du soir.

Peut-être ces nombreuses réflexions vous auront-elles aidés à mieux comprendre la situation. Bien des difficultés disparaissent comme elles sont venues car elles font partie d’une étape de la croissance. Si toutefois elles persistaient et devenaient trop pesantes pour vous comme pour votre enfant, n’hésitez pas à en parler avec son médecin, une infirmière puéricultrice ou un service psycho­pédagogique. Les médicaments ne sont que très rarement recommandés et ne doivent être administrés que sur prescription médicale.


Livre de la semaine


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