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Département de l’emploi, des affaires sociales et de la santé, Commission cantonale de la famille

TRANSIDENTITÉ: QUESTIONNEMENT ET DYSPHORIE CHEZ LES ENFANTS ET ADOLESCENTS


Lettre du mercredi 12 octobre 2022 - Source:



Cette semaine nous mettons en avant le sujet de la transidentité et de la dysphorie chez les enfants et les adolescents.

Le colloque international Santé Trans* organisé par l’association ÉPICÈNE, mandatée par le bureau de promotion de l’égalité et de prévention des violences (BPEV) en collaboration avec sa Commission consultative LGBTIQ+,a  eu lieu les 5, 6, 7, 8 octobre 2022. En 2022, les personnes trans* en Suisse souffrent encore d’un manque important de connaissances des problématiques médicales liées à leurs situations. Le colloque a eu pour but de promouvoir la recherche, le développement et la mise en œuvre des connaissances médicales et paramédicales, ainsi que de promouvoir l’inclusion des diversités, notamment l’inclusion des personnes trans* dans tous les domaines de la société. Composé de journées thématiques, il s’est adressé aux spécialistes mais aussi aux familles et au grand public.

Transidentité:

Dans l’article “Transidentité : de plus en plus d’enfants et d’adolescents en questionnement” publié le 26 juin 2020 sur planetsanté.ch, Elodie Lavigne questionne le Dr Arnaud Merglen et la Dre Sophia-Anna Typaldou sur le thème de la transidentité.

Les consultations spécialisées destinées aux enfants et adolescents s’interrogeant sur leur identité de genre enregistrent une hausse des demandes. En parallèle, la transidentité est désormais envisagée comme une expérience de la singularité, mais qui peut être source de souffrance.

Les personnalités transgenres sont de plus en plus visibles dans les médias. Le sujet de la transidentité s’invite même dans une série française grand public, “Plus belle la vie”. L’Organisation mondiale de la santé s’est penchée sur les diagnostics associés à la transidentité du chapitre des maladies mentales en 2019. Malgré cette évolution, naître dans un corps de garçon et se sentir fille, ou l’inverse, appelé incongruence de genre par l’ OMS, est encore souvent très stigmatisé.

Environ 2,5% des adolescents s’identifient finalement comme personne transgenre. Les jeunes consultés explorent leur identité, l’impact du genre sur eux-mêmes, la famille, etc., mais un tiers seulement nécessite des traitements médicaux. L’enfant commence à prendre conscience des stéréotypes et des attentes propres. Il s’agit de couleurs, de jouets ou de vêtements de sexe opposés. Inutile donc d’y accorder trop d’importance ou, pire, d’interdire à son enfant un autre genre.

A l’adolescence, le désir de se débarrasser de ses caractéristiques sexuelles secondaires pouvant être fortes. Certaines jeunes filles compriment leur poitrine pour la faire disparaître. L’incongruence de genre peut aussi se manifester par une volonté d’être traitée comme l’autre genre. Désarroi est davantage associé à l’appréhension ou à l’expérience du rejet familial, de la violence sociale et de la stigmatisation. La vraie difficulté est souvent la non acceptation de cette différence.

Le soutien de la famille est central dans le devenir des jeunes trans. “Il s’agit d’envisager chaque enfant, chaque adolescent, et d’être à l’écoute de sa différence”. Les consultations spécialisées, telles qu’il en existe au CHUV ou aux HUG, sont multidisciplinaires (pédiatre, psychologue, gynécologue, endocrinologue, infirmière) et travaillent avec des associations de personnes transgenres de Suisse romande. Il faut donc veiller à accueillir ces questionnements profonds avec bienveillance.

Aider la personne dans l’affirmation de sa différence pour qu’elle se réconcilie avec elle-même et se sente acceptée socialement. On inclut dans la prise en charge les parents, la fratrie, le milieu scolaire, voire professionnel, c’est tout le système social. La chirurgie, quant à elle, s’adresse aux adultes. La prise en charge peut également inclure des traitements hormonaux. L’un étau à freiner le développement de la puberté (poitrine, mue de la voix, pomme d’Adam). Les personnes transgenres, entre hormonothérapie, chirurgie, changement d’état civil, font partie de la richesse de la diversité humaine, selon le Dr Merglen. Nous pouvons tous dépasser nos préjugés car, ni vous, ni moi, ni personne, ne se limite à son genre.

 

Dans un autre article de la Rev Med Suisse intitulé “Adolescents transgenres et non binaires : approche et prise en charge par les médecins de premier recours”, les adolescents transgenres, non binaires ou en questionnement sont de plus en plus visibles et font face à de nombreux obstacles pour accéder à des soins appropriés, tant pour leurs besoins de santé spécifiques que généraux. Les médecins de premier recours les rencontrent au cabinet et peuvent manquer d’éléments de communication et de connaissances spécifiques récentes pour mener la consultation et accompagner ces personnes et leurs proches dans leurs trajectoires individuelles. Cet article propose une synthèse des éléments et des ressources utiles pour le médecin de premier recours, dont le rôle est ­central pour la santé de tous les patients.

 

Dysphorie :

La dysphorie de genre désigne la détresse due à la discordance entre l’identité de genre d’une personne et son sexe d’assignation et peut être atténuée par une prise en charge spécialisée et pluridisciplinaire.

On apprend dans l’article paru dans Rev Med Suisse des auteurs Lorenzo Soldati , Marion Hischier , Jean-Michel Aubry, qu’un réseau de soins aux HUG pour patients souffrant de dysphorie de genre comprenant des soignants des diverses disciplines concernées a été créé, suite à la constatation et aux plaintes de certains patients sur ce trouble peu connu du monde médical entraînant parfois une attitude discriminante de la part des soignants et un effet plus nocif que positif de certaines prises en charge sur les patients. Les buts de ce réseau seront d’améliorer la qualité des soins offerts aux patients souffrant de dysphorie de genre et de devenir une référence pour la Suisse romande.

Selon l’article “La dysphorie de genre, même si ce n’est pas le cancer, ça pousse des jeunes au suicide” publié le 10.10.2022 par Annick Chevillot. 

Que ce soit dans le domaine de la prévention, des connaissances scientifiques, des diagnostics ou des traitements, les biais de genre restent malheureusement encore trop nombreux. Pour la 5e édition du Forum Santé, Le Temps et Heidi.news ont décidé de se pencher sans tabous sur ces questions pour mieux les comprendre et contribuer à les déconstruire. Le conseiller fédéral Alain Berset viendra par ailleurs répondre à vos questions.

Le Forum Santé a lieu le 3 novembre à l’UniL. Evénement gratuit, sur inscriptions.

 

Il est donc important d’en parler et de s’adresser à tous les acteurs dans le domaine, car le sujet ce vulgarise au profit de création de structures spécialisées. Voici le nom des associations et structures de santé spécialisées :



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